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DES CHIFFRES QUI MONTRENT PEU D’ÉVOLUTION

Parité à la maison, malheureusement, on n’y est toujours pas. Près de 73% des Françaises estiment « faire plus » de tâches ménagères que leurs conjoints, le linge est majoritairement associé à la mère (85%), comme le nettoyage de la salle de bain (78%) ou des sols (72%), pour ne citer que quelques chiffres. 55% des filles participent aux tâches ménagères notamment celles en lien avec le linge (contre 39% des garçons) d’après une étude Ipsos réalisée en août 2019*.

De plus, la répartition des tâches ménagères au sein d’un couple reste toujours inégale en 2018. Une femme consacre encore 3h26 de son temps aux corvées domestiques contre 2h pour les hommes.

Une enquête réalisée par l’IFOP pour La Fondation Jean Jaurès** en France et en Europe revient sur ces inégalités :

  1. L’analyse comparée entre les différents pays tend à mettre en exergue le surcroît de tâches qui pèse sur les épaules des femmes vivant dans les pays méditerranéens où persiste une assignation de la femme à la sphère domestique.En effet, la proportion totale de femmes en faisant « plus » que leur conjoint est nettement plus forte dans un pays latin comme l’Italie (88%) que dans des pays de culture germanique ou anglo-saxonne comme l’Allemagne (69%) ou le Royaume-Uni (71%). L’Espagne et la France se situent quant à elles dans une position plutôt intermédiaire (73%).
  2. D’après un sondage IPSOS 2019***, Si les hommes acceptent désormais de prendre leur part, ils évitent soigneusement certaines tâches jugées peu nobles comme le nettoyage du linge ou de la maison. Lorsque l’on demande aux Françaises comment réagit le plus souvent leur conjoint lorsqu’il faut effectuer certaines tâches ménagères, une majorité d’entre-elles rapporte que leur compagnon évite ou essaye d’éviter les tâches impliquant de nettoyer le linge – moins d’un tiers en ont un qui effectue « sans rechigner » les changements de draps (33%), le tri du linge (27%) ou le repassage (15%)  – ou de laver l’intérieur de la maison : seules un tiers peuvent se targuer d’avoir un conjoint qui n’a pas de difficultés à laver des sols (35%) et des sanitaires (25%) ou encore à faire des poussières (25%). Sept femmes sur dix (71%) déplorent même que leur conjoint n’effectue jamais le repassage du linge et près d’une sur deux se plaignent qu’il ne s’occupe jamais de laver les sols (45%), faire les poussières (53%), trier le linge (53%) ou laver les WC (52%).

Contrairement aux idées reçues, les inégalités de répartition entre les deux sexes ne se réduisent que très lentement. La comparaison des données avec une étude réalisée en 2005 montre que la proportion d’hommes n’effectuant aucune tâche n’a quasiment pas bougé en une quinzaine d’années. Notons tout juste que la proportion d’hommes à qui il arrive de cuisiner a sensiblement augmenté depuis 2005 (+7 points), sans doute à cause de la valorisation médiatique de plus en plus forte de la cuisine. La participation des hommes dans les autres domaines testés évolue peu, à l’exception de ceux relatifs au linge : +10 points en ce qui concerne le changement des draps et 5 points en ce qui concerne le repassage.

  • LE FAIT MAISON, UN POSSIBLE ALOURDISSEMENT DE LA CHARGE DES FEMMES

En effet, les féministes se demandent si le « fait maison » ne fait pas revenir les femmes en arrière avec un surcroit de charge physique, mentale, et morale. Le fait maison est une tendance de société (près de 1/3 des femmes déclarent avoir déjà réaliser leurs produits ménagers elles-mêmes). Mais cela implique d’y consacrer du temps et de l’énergie.

Par ailleurs, à l’heure de #MeToo, des manifestations pour le droit des femmes et de la libération de la parole, un tout autre mouvement gagne du terrain : le Trad Wife. Il est porté par des femmes aux foyers qui revendiquent le fait d’être cantonnées à la maison et dévouées à leur mari****.

Et quid de l’éco-féminisme, militant pour la réhabilitation de la place des femmes dans la société, la réappropriation de leur corps, de leur travail et la préservation de la nature ? comment décrypter ces évolutions et comment continuer le combat égalitaire entre hommes et femmes ?

Et pourtant l’hygiène est au service de l’émancipation des femmes depuis toujours. Les progrès de l’hygiène au 20ème siècle a pourtant eu pour conséquence indirect et bénéfices majeurs l’émancipation des femmes. En effet, l’efficacité des produits et les gains de temps induits ont permis à ceux qui faisaient le ménage, majoritairement les femmes, de se libérer du temps. Lors des 25 dernières années, les femmes ont écourté de 69 minutes le temps consacrées aux tâches domestiques. C’est dans les années 1940 que les premiers détergents sont produits à l’échelle industrielle et dans les années 50 que les produits lave-vaisselle et les lessives font leur apparition dans les foyers. Jusqu’à aujourd’hui où les fabricants proposent désormais des produits dédiés à tous type de salissures et de tâches en tout genre.  Les fabricants de produits d’hygiène et d’entretien ont à cœur de proposer des solutions adaptées permettant de se libérer de la charge ménage.

Sources

*étude Ipsos réalisée en août 2019 pour la marque Ariel

**L’inégale répartition des tâches ménagères ou la persistance d’un « privilège de genre »

*** La répartition des tâches ménagères au sein du couple mode d’emploi IPSOS 2019 pour MAPA/SPONTEX

****https://www.theguardian.com/fashion/2020/jan/27/tradwives-new-trend-submissive-women-dark-heart-history