En 2011, suite au Grenelle de l’environnement, l’Afise et 7 de ses adhérents se sont engagés dans une expérimentation sur l’affichage de l’impact environnemental des produits de consommation organisée par le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie. Il s’agissait de mettre à disposition des consommateurs les informations environnementales utiles pour un choix éclairé.  Les produits concernés par l’expérimentation ont été la lessive en poudre, la lessive liquide diluée, la lessive concentrée et la lessive liquide ultra concentrée.

4 indicateurs ont été retenus pour évaluer l’impact environnemental de chacun de ces produits tout au long de leur cycle de vie :

  • L’effet de serre principalement évalué au travers de 2 indicateurs : émissions de gaz à effet de serre exprimées en g équivalent CO2/lavage et consommation d’énergie : exprimée en MJ/lavage
  • L’impact sur l’eau est principalement évalué au travers de 2 indicateurs : consommation d’eau exprimée en l/lavage et impact sur les milieux aquatiques
  • L’impact sur les ressources naturelles est évalué par 1 indicateur : emballages résiduels exprimés en g/lavage

Cette  démarche multicritères s’est appuyée sur l’Analyse de cycle de vie (ACV) des produits : la production des matières premières, leur transport et leur transformation, la production des emballages (bouteilles, sachets.. et suremballages cartons pour le transport), la fabrication du produit fini, l’utilisation du produit par le consommateur, et le devenir du produit et de son emballage après utilisation.

Un foyer fait en moyenne 3,1 lessives par semaine (source : étude européenne de 2017). Le lavage du linge est un pôle important de la consommation des ménages.

Ceci explique le choix de cette famille de produits pour réaliser une expérimentation dans le cadre du Grenelle de l’Environnement. Les lessives pour le linge se présentent le plus couramment sous quatre formes : poudre classique, liquide dilué, liquide concentré et liquide ultra concentré.
Les impacts environnementaux de ces 4 formes ont été analysés selon le référentiel (anciennement BPX30-323) défini par l’AFNOR, l’ADEME et le ministère de l’Environnement ; cette analyse inclut tous les stades de la vie du produit, depuis sa fabrication jusqu’à son utilisation. Pour rendre ces informations comparables et opérationnelles, toutes les données  ont été rapportées à une dose, c’est-à-dire : la quantité de produit recommandée pour un lavage (eau de dureté moyenne, niveau de salissure moyen…).

Les informations ainsi établies sont destinées à éclairer les choix des consommateurs et orienter les améliorations – en terme de développement durable – qui peuvent être apportées en considérant l’intégralité du cycle de vie. L’ensemble des informations et référentiels peut être retrouvé sur le site de la base Impacts®.

Au travers de cette action collective et volontaire, l’AFISE et ses adhérents ont permis d’éclairer de nombreux aspects, en particulier, les outils techniques nécessaires à la construction de l’information environnementale. Ils ont aussi permis de faire naître une dynamique européenne qui s’est développée avec le lancement d’une expérimentation européenne à laquelle ont d’ailleurs participé l’AISE et l’AFISE. En effet depuis 2013, l’AISE s’est engagée parmi d’autres secteurs auprès de la Commission européenne pour tester la méthodologie PEF (Product Environmental Footprint). L’objectif était pour chaque secteur de développer des référentiels (PEF CR – Category Rules) propres à chaque catégorie de produits ou d’organisation (Organisation Environnemental Footprint) en se basant sur une méthodologie et des bases de données communes.

Le projet de l’AISE portait sur les lessives liquides pour le linge. L’AISE a publié un guide sur l’usage des PEF CR et a précisé qu’il s’agit d’un outil utile pour l’écoconception des produits mais qui ne permet pas la comparaison des produits ni la communication sur le marché des impacts environnementaux. Cette expérimentation a cependant permis de confirmer la fiabilité des outils existants comme la charte du nettoyage durable et l’importance des outils développés par la profession pour limiter l’impact de la phase d’utilisation : Iprefer30 par exemple, qui incite le consommateur à laver son linge à basse température.